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Si mes deux compagnons de route, à savoir Pascal Drappier (Général Pascal) et Thierry Rossignol aperçoivent cette image, de nombreux souvenirs vont ressurgir et je parie que leur mémoire pourrait aisément les restituer. Ce périple a justement commencé par un pari. Après quelques courtes randonnées de « mise en jambes », Thierry affirma qu’il était possible d’effectuer une plus longue sortie. Pourquoi pas la mer ajouta Pascal ? Nous étions en février 1988. L’impulsivité de notre jeunesse qui nous caractérisait a brisé toutes les barrières qui auraient pu nous empêcher d’aller au bout de notre objectif. Aux premières lueurs de ce dimanche, ces 3 farfelus défiaient les éléments déchaînés : vent, pluie, grêle mais surtout ce froid glacial. L’itinéraire n’était même pas établi au préalable, c’est tout à fait spontanément et en toute improvisation que les chemins étaient parcourus à travers la Flandre profonde, jusqu’à Ostende. Un arrêt sur place a permis à Pascal un « auto-massage », en tenue d’Adam. Affaiblis par les efforts consentis et la fringale, nos trois gaillards pénétrèrent dans un restaurant pour dévorer un beefsteak frites, tels des fauves affamés, avant de réaliser un acte de vandalisme malgré eux. Dans les toilettes de l’établissement, les éviers et essuies se sont retrouvés maculés par la poussière qui s’était collée sur leur visage. Après avoir « digéré » leur repas et leur méfait, goûté à l’air vivifiant de notre littoral en cette saison, ils rejoignirent La Panne avant d’entamer un retour comme un contre-la-montre avant la tombée de la nuit. Hélas, les journées sont encore trop courtes et sans éclairage d’appoint, leur arrivée à Tournai fut remarquée, notamment dans ce petit café situé face à la gare où une panne de courant les obligea à récupérer de leurs efforts à la lueur de chandelles. Si mes souvenirs sont bons, nous avons parcouru à peu près 270 km, effectué quatre arrêts au cours desquels un casier entier d’un breuvage dont je tais le nom, a été ingurgité. La bandoulière que vous apercevez et qui me donne cet air coincé sous le survêtement est celle de ma musette remplie de victuailles, de matériel et qui m’a valu le surnom de « Roctier »
Donat.
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