L’événement était annoncé de longue date sur notre site ; une affichette virtuelle colorée, trois distances proposées. Notre président a consacré des journées entières, parcouru des centaines de kilomètres à peinturlurer les routes et placarder un fléchage impeccable mais également se faire remonter les bretelles par les cerbères de la forêt. Eh oui, notre “prési” a subi les affres d’une législation rigoureuse à l’extrême qui consigne les points de repères ostensibles, pourtant indispensables lors de nos balades.
Des volontaires se sont manifestés en nombre pour proposer leur coup de main aux inscriptions, les ravitaillements ou tout bonnement en accompagnement du groupe.
Le 13 mai venu, un seul élément n’a pas répondu à l’appel : le soleil ! Une météo tristounette et notre local paraissait bien vide de grand matin. Il fallait le vouloir !
Et pourquoi ne pas y croire ? 242 courageux ont rejoint le Casino, non pour investir quelconques jeux hasardeux mais bien pour affronter la pluie, le froid, oublier leur côté frileux et découvrir cet itinéraire champêtre concocté par Michel. Au retour, les groupes confluant vers la rue Philippart ont récupéré une chaleur bien tangible.
Voilà malgré tout une très belle matinée passée au cours d’une “petite” randonnée, sans grande renommée mais proposée avec enthousiasme, diligence et générosité. Un rendez-vous modeste toujours très apprécié.
Un rapide coup d’œil dans ma boîte aux lettres le soir même, je consulte un fascicule bourré de publicités au milieu duquel est annoncé un événement de taille. Cette accumulation vaniteuse de pages était bien superflue puisque figurant déjà dans mon agenda. Une annonce flatteuse, proclamant une tombola plus qu’alléchante, un circuit séduisant, et... un matraquage commercial à n’en plus finir. A quand la caravane publicitaire préalable à une randonnée cyclotouriste ? “Point trop n’en faut” m’a clamé un jour un ami à qui j’avais répondu que nul n’en fait jamais assez... Je rejoins à présent ses propos. Un tel schéma exaspère plus d’un au risque de provoquer un imbroglio néfaste aux “petites” organisations. Cette contexture attire la toute grande foule, il ne peut en être autrement. Imaginez à présent la bagarre commerciale pour l’élaboration d’un calendrier correct et complet; le squattage systématique des grosses infrastructures, le battage des masses pour un jour pouvoir s’affirmer et s’assurer la plus admirable “part de marché” dans la nouvelle sphère du cyclotourisme. Je ne peux m’empêcher de supposer qu’une telle tocade présage inévitablement un appât du gain, un impact lucratif profitable à une minorité.
Il est fort à douter que ce concept puisse contribuer à recouvrer la qualité des balades d’antan. Celles où la convivialité primait impérativement par rapport aux enjeux commerciaux; celles qui faisaient vivre les petits clubs, qui les faisaient proliférer d’un patelin à l’autre, dans un esprit commun orienté vers la volonté de bien faire et le faire savoir en toute simplicité et liberté.
Plutôt que de paraître “pisse-vinaigre” je m’en voudrais de ternir ce commentaire par un discours morose.
Dans le cadre de leur Picarde, c’est dans d’agréables circonstances que nos amis des clubs de Gaurain-Ramecroix (pour le samedi) et Taintignies (le dimanche) ont accueilli les premiers Picards de bronze. Outre l’euphorie des premiers lauréats, c’est dans une prodigieuse bonne entente que les regroupements ont eu lieu, pour des randonnées dont la qualité n’est plus à prouver.
Les amateurs du “tout terrain” auront été comblés ce dimanche à Leuze, au cours du “raid des feuilles mortes”. Une appellation inadéquate de prime abord, en ce printemps où fleurissent parterres et vergers. Peut-être par analogie aux aventuriers des longs parcours qui revenaient exténués après avoir traversé le côté sauvage du “Pays des Collines”, tombant comme les feuilles d’automne, après avoir déposé leur machine pour s’affaler devant un bon verre de Moinette...
Donat.