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Chimay Manderfeld - 8 et 9 juin 2011
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Diagonales de Belgique Chimay-Manderfeld (et retour)
8 et 9 juin 2011 |
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"Non ce n’était pas la rando un peu confuse, sur le vélo nous étions quelques bons copains, nous venions du Nord... Une traversée de nos Ardennes, fallait la faire sans trop de peine, mais pédaler un peu plus fort, oui un peu plus fort” (sur l’air des “copains d’abord” de Georges Brassens)
Une diagonale pourrait, en principe se dessiner en ligne droite sur une carte. Un départ, une arrivée et puis un itinéraire quelconque élaboré suivant des points de ralliement bien précis. La carte à peine dépliée, largement étalée sur la table et des noms surgissent : des patelins, des forêts, des cours d’eau, des sites remarquables. Le crayon survole les routes plus vite que le vélo. Tout semble tellement facile sur papier. Pourtant chaque point de repère éveille après coup une multitude de souvenirs. Le tracé à la volée ralentit son rythme, l’imagination prend le dessus sur le côté géographique. Mieux qu’un trait coloré, ce sont des images insolites, grandioses qui reviennent à l’esprit. Notre ami William Defrise a certainement dû laisser son imagination s’évader de la sorte lorsqu’il a planifié cette aventure. Pouvait-il spéculer un pareil équipage lorsqu’il osa lancer son idée, un soir d’hiver ? Son développement pour le projet avait provoqué un réel emballement. Un, deux, trois, ... treize doigts se sont levés bien haut pour affirmer une volonté de rejoindre Manderfeld au départ de Chimay. Un petit coup d’œil sur ce que nous croyons n’être qu’un “Plat Pays”, si petit, si intime,... Des noms bien connus, des courbes de niveau anormalement limitrophes, la mitoyenneté de patelins recelant des chemins pentus font frémir. C’est oublier que derrière ces appréhensions se cachent de splendides territoires. Les dates sont fixées : les 8 et 9 juin pour l’aller et le retour. Conformément au règlement fédéral, le périple doit s’effectuer en totale autonomie, soit sans la moindre assistance extérieure. Une réunion d’information donne lieu au briefing de l’initiateur du voyage et à la confirmation des participants. Notre président, l’un des premiers volontaires a été victime d’un accident de vélo lors d’une précédente participation. Deux côtes froissées, des multiples contusions l’empêcheront à son grand regret de s’élancer dans l’expédition. Roland Besard, souffrant de problèmes dorsaux devra se dérober à son tour. Il a néanmoins promis de doper ses amis par une bonne dose d’humour au terme du parcours. Le matin du mercredi 8 juin, le regroupement s’effectue peu avant 6 heures face au domicile de notre secrétaire. Sous des airs intrépides, les faciès ne peuvent cacher une réelle angoisse. 8 heures sur la place de Chimay, une photo immortalise le départ du groupe. Les clics des cales mitraillent avec écho la rue qui s’éveille à peine. D’un élan téméraire, le Secrétaire Michel Garson mène la troupe. Juste derrière, William Defrise est au comble de son stress. Un étrange silence règne au sein du peloton. Roue dans roue, scrutant l’horizon avec incertitude, nos protagonistes s’éloignent de la ville : Christian Blocq, Quentin Martinage, Jacques Jardez, Raymond Duez, Thierry Moulin, Marco Millet, Pascal Loison, Philippe Beyaert, Laurent Desquiens, Christophe Besard et Donat Varlet s’avancent timidement.

Première étape fictive : Couvin. Les habitués des balades environnantes savent qu’il n’est pas aisé de tournicoter dans les parages : Grottes de Neptune, Côte de Mazée, forêt de Nismes... La région dite “des Trois Vallées” et notamment du Viroin sont à juste titre traversées via le creux de ces vallons, ce qui réduit le dénivelé et économise notre précieuse énergie. L’étape suivante nous conduit vers Givet et la région de Champagne-Ardenne.
 Cette petite incursion en France permet une transition rapide vers Beauraing où la seule apparition qui se profile devant nos yeux est le panneau indiquant la direction de Rochefort. Mais avant le fief de notre Justine nationale, nous contournons le majestueux château de Ciergnon. Premier contrôle à Rochefort, William se charge de faire estampiller les précieux documents d’homologation dans une pharmacie. S’agissait-il des seuls cachets obtenus ? Toujours est-il qu’il est remonté avec une ardeur peu commune sur le vélo. Les doux vallonnements des prairies de la Famenne et la pureté rustique de ses villages exhibent un charme vivifiant. S’en suivent des profondes forêts, des arbres élancés qui semblent filtrer la lumière jusqu’au cristal le plus pur. Des ruisseaux s’enroulent tels de véritables nœuds autour des vallées escarpées. La route s’élève entre Charneux et Roy : c’est la porte de l’Ardenne profonde. L’Ourthe est en contrebas, elle joue à cache-cache avec les collines. “Je cours après mon amour, la joyeuse Ourthe qui me surprend avec éclats”. Des rochers à découvert annoncent la région la plus élevée de Belgique. La diversité des paysages est étonnante : des collines à l’infini au sommet desquelles nous embrassons des horizons mouvementés, des tableaux de teintes diverses au gré des vallées qui se recoupent. Nous marquons l’arrêt au cœur de la “Perle de l’Ardenne” : La Roche-en-Ardenne constitue le second point de contrôle et l’endroit propice pour s’alléger le sac du casse-croûte qui remplira illico l’estomac et bien sûr s’hydrater au maximum (et raisonnablement).

Nous prenons ensuite de l’altitude : de 241 mètres, nous nous dirigeons vers la Baraque de Fraiture, connue pour ses pistes de ski et... ses 652 mètres d’altitude. Une quinzaine de kilomètres d’escalade où chaque coup de pédale compte, où il faut impérativement doser ses efforts, régulariser sa respiration, jouer du braquet et tenir bon coûte que coûte. Le grand “Ouf” de soulagement est instinctivement poussé à l’approche du sommet, caractérisé par ses grandes paraboles et sa “baraque” de Fraiture devant laquelle le cliché est inévitable. Les étapes suivantes sentent bon l’approche du but : Vielsalm où la douleur dans les jambes commence à se faire sentir; Petit-Thier (nous en sommes aux trois quarts); Rodt... les panneaux indicateurs s’expriment en allemand. Le groupe s’invite à Saint-Vith, il est assuré d’une belle avance sur le timing et se permet un arrêt dans une accueillante taverne. Mais avant le terme du voyage, une longue, très longue côte sépare Schönberg de Manderfled. Quelle joie à la vue de cette dernière enseigne ! Roland avait au préalable annoncé notre arrivée imminente à l’hôtel des Ardennes. L’accueil reçu est à la hauteur de nos espérances et même plus encore ! Le succulent repas remet d’aplomb les articulations meurtries par cette journée d’efforts. Croyez-vous que la soirée s’acheva de si tôt ? Le paisible village a entendu résonner jusque très tard les rires des gais lurons d’Antoing, que les autochtones prirent grand plaisir à accompagner. Le lendemain matin, après un copieux petit déjeuner chacun réenfourche sa mécanique pour le chemin inverse. Il s’agit de remonter ces routes descendues la veille et vice-versa. L’Itinéraire est identique et les arrêts obligatoires sont respectés. A la différence que les muscles et articulations essuient les efforts précédents et restent endoloris, malgré quelques subterfuges pharmaceutiques appliqués avec conviction sur les jambes. Les premiers coups de pédale sont pénibles, et nous retrouvons nos gaillards plongés dans un singulier mutisme à l’aube du retour. Pourtant, au fil des kilomètres avalés, la douleur s’estompe, la confiance en soi fait office de moteur et le rythme s’accélère. Au sortir de Vielsalm, une ombre plane : l’ascension vers la fameuse Baraque de Fraiture... En file indienne, nous évoluons normalement, sans trop de difficulté. C’est que la sévérité de la pente est moindre dans ce sens là. Par contre, la descente vers La Roche est rapide et la fraîcheur matinale s’intensifie. Les doigts engourdis sont collés sur les freins et il s’agit de rester concentré sur la route sinueuse. Frigorifié le groupe recherche un coin ensoleillé au bord de l’Ourthe. Un vieux char Patton, symbolise les rudes combats de la Bataille des Ardennes. Désormais il oublie l’ennemi pour se laisser entourer d’une vraie bande d’amis, pour qui la lutte n’est toutefois pas terminée. Un rapide pointage et repartons vers Rochefort, pour couper court au coup de fringale. Les délices du terroir font mon bonheur. Ils sont à proscrire avant la poursuite du voyage. Mal m’en a pris, le pâté artisanal me reste implacablement dans le bide. A partir de là, les distances semblent s’étirer; chaque kilomètre compte double. Nous scrutons les panneaux avec l’espoir de voir l’intervalle entre les villes repères fondre rapidement. A l’approche de Beauraing, une nouvelle apparition se profile au loin : un gros cumulus fait croire au plus exécrable des temps. Il s’agit d’un énorme nuage de vapeur émanant de la centrale de Chooz... donc à proximité de Givet ! Tous nous filons à l’assaut de la Tour de la Victoire. Plus rien ne devrait entraver la progression jusqu’au bout. Les bords de Meuse s’avèrent moins vallonnés. Or, cette partie aisée est de courte durée. La frontière franchie, il faut se buter, persévérer jusqu’à Chimay. Une sorte de toboggan géant se profile après Couvin. Au sommet de chaque côte, se dévoile un paysage que nous comparons à la périphérie de Chimay. Au sommet de chacune d’elles et la soif aidant, un mirage surgit : un clocher globulaire, un verre rempli à ras bord d’une mousse légère et onctueuse semblent poindre à l’horizon. Les jambes s’ankylosent jusqu’à deux kilomètres du but où l’exaltation enivre les esprits à la vue de la ville du retour. Cette fois-ci, c’est la réalité. Au diable la douleur, nous appuyons davantage sur les pédales, négocions les virages avec impulsivité voire indélicatesse. Nous y voilà... Chacun se congratule, s’attable sur une terrasse et se délecte d’une mousse locale.

L’aventure n’est ici que trop brièvement résumée. Le diaporama de panoramas en dit plus long que quelques mots. Les images émergent par delà les expressions et submergent les pensées de moments inoubliables, éradiquant la rudesse par une réelle allégresse.
Donat. |



Toute l'équipe au départ. De gauche à droite : Christian Blocq, Laurent Desquiens, Pascal Loison, Marco Millet, Thierry Moulin, William Defrise, Jacques Jardez, Christophe Besard, Michel Garson, Roland Besard, Donat Varlet, Quentin Martinage, Raymond Duez et Philippe Beyaert.

1ère étape : Rochefort après 75 kilomètres.

L'occasion de prendre la pose pour la photo

Peu avant Charneux, Thierry est victime d'une crevaison. Il n'en perd pas le sourire pour autant !

La Roche-en-Ardenne. William estampille les précieuses cartes d'homologation.

Tout le monde s'attable, prend un casse-croûte et conserve sa bonne humeur... Le plus dur reste à faire !

Et c'est reparti : 15 kilomètres d'escalade avant la Baraque de Fraiture.

Heureux d'être arrivé à s'Baraque !

Terme de l'échappée : Manderfeld. Juste derrière, c'est l'Allemagne. Guten tag Deutschland !

L'excellent Hôtel des Ardennes ! à recommander...
http://hotel-des-ardennes.info/
http://www.manderfeld.info/content/C_Detail.aspx?ID=190&DB=ADRE&SPR=2

Après une bonne douche salutaire, quelques étirements, c'est la conversation autour de la table.

Mais quel accueil ! Les tenanciers ont vite gagné la sympathie de leurs hôtes.

Roland l'avait promis, il nous raconte ses plus belles histoires drôles...

Le succulent repas enthousiasma la troupe !

Repus, fourbus, mais contents, la soirée ne fait que commencer.

Un dessert aux couleurs du club : du rouge, du blanc. Merveilleux !

Et le petit digestif local - ça se laisse boire évidemment ;-)

Le calme règne dans les rues. Croyez-vous que l'intérieur de l'hôtel le soit autant ? D'apparence peut-être !

Les cyclos sont toujours là - même si les traits de fatigue se lisent aisément sur les visages.

Roland entame son répertoire d'histoires... attention, ça va rigoler !

Cocoricooooooooo - un chant de coq résonne en pleine nuit ! Was ist das ??? Ich verstehe nicht !

Les rires éclatent, la bonne humeur s'installe au bord du comptoir.

... et surtout l'amitié préservée.

Jacques l'indique : il est temps d'aller dormir. Demain (enfin tantôt) est un autre jour !

Retour par La Roche-en-Ardenne. Petit arrêt devant le char posté au bord de l'Ourthe.

Immortalisons l'instant, bien qu'il est d'ores et déjà ancré dans la mémoire.

Enfin l'arrivée à Chimay. La joie déborde sur le sérieux du groupe.

Vite, patron... Avez vous quelques Chimay(s) à nous proposer ?

William et Christophe heureux d'être là. Merci William. Tu as chapeauté l'expédition de main de maître !

Bon et alors... elles arrivent ces bières ? nous ne voulons que la mousse, pas la guerre !
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Musique : SIRIUS & NYLA "Be Chilled"
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Fédération belge
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