Les nouvelles du Capitaine Avril 2018


           
Vous allez dire que je vole au ras des pâquerettes si je vous rappelle l’époque épique des cosaques à casaques, au cours de laquelle nous les cyclos possédions dans la poche arrière du blouson, dans la sacoche au guidon ou dans le portefeuille retenu par un cordon, toute une paperasserie à faire pâlir un “rond de cuir” furibond.  

 

Pourtant, souvenez-vous de ces années où nous préparions hâtivement la pièce de vingt francs (belges) pour la participation, une autre pièce pour la boisson et... la précieuse carte d’inscription.  Ceci, pour une mise en route officielle.  J’abrège le discours que j’ai l’habitude de ressasser : rassemblement, départ groupé, quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins et bla bla bla...  

Notre petit monde du cyclotourisme vit sa “vélorution” (mouvement qui va dans le sens d’un progrès irrémédiable et qui a tendance à poursuivre son évolution, en fonction d’une amélioration constante des incitants au cyclisme de loisirs).

En ce temps-là, les balises s’étendaient sûrement et nous notions l’apparition des randonnées permanentes, destinées à suppléer les randos officielles, pour ceux qui avaient tout le loisir de décrocher le vélo en dehors des fins de semaine et faire ou refaire à toute heure des circuits qu’ils connaissaient par cœur.  Comme dans les avions, ils possédaient un pilotage automatique intuitif.   Avec nostalgie, j’ai même retrouvé une ancienne carte pliée en 10, à laquelle était collée une rajoute maculée d’un estampillage mémorable, indiquant à plusieurs reprises le nom d’un bistrot où j’avais pour ainsi dire un “port d’attache”, où la pinte accompagnée de ses chips au sel constituaient le meilleur des ravitos à l’heure de l’apéro.  


Tous les moyens étaient bons pour justifier notre balade et surtout le kilométrage effectué.  Tout était basé sur la confiance, la déclaration sur l’honneur et bien entendu le fameux cachet quémandé chez le commerçant du coin, le bistrot du patelin et même le pharmacien (là, il se présentait sous deux formes, dont l’un à avaler).  Certains souriront si je leur rappelle les fameuses lettres peintes au milieu d’un circuit et qu’il fallait énoncer à l’arrivée afin d’obtenir le précieux sésame sur la carte...  C’est à peine si d’aucuns n'avaient émis l’idée d’un baguage et d’un « constateur de coulonneux » (colombophiles).

Mais pourquoi donc porter autant d’importance à compléter pareil document ?  

Le simple fait de rouler ne suffisait-il pas ?

J’en reviens à l’aviation...  Blériot a franchi la Manche, quel exploit !  Lindbergh a traversé l’Atlantique et puis tout s’est enchaîné à la vitesse « V prime » jusqu’à la conquête de l’espace.   

Pour le cyclo, c’est pareil.  Vous faites x kilomètres la première année, votre appétit féroce et véloce vous incitera à en réaliser x + x et encore + x et ainsi de suite, jusqu’à oublier vos propres limites.
Pour mieux apprécier et faire valoir votre progression, il est bien nécessaire de constater noir sur blanc ou à présent sur écran le nombre et l’étendue des sorties (à vélo évidemment).
La reconnaissance finale de vos exploits consistera en une médaille fédérale (2000, 5000 etc... - voyez le vade-mecum de la Fédération sur le “cyclo”).  Qui dit reconnaissance, renvoie à une ardeur d’avance.


Le cyclotourisme “sans papier”

 

Notre Fédération a débloqué un certain budget pour informatiser radicalement vos participations.  Dans un premier temps, votre carte qui comporte un “code barre” servira au “scanning” préalable à l’inscription et vous pourrez oublier ce bout de papier à présenter à l’arrivée pour valider votre exploit du jour.  Celui-ci sera enregistré, mémorisé, standardisé !



Mais ce n’est pas tout ! 

Il s’agit-là d’une première phase avant celles qui aboutiront au produit final.  Une super base de données contiendra d’une part le calendrier, les coordonnées des affiliés et des statistiques qui seront exploitables à tout moment, en un temps record.  Basta la carte, les cachets, le travail de fourmi à décortiquer chaque carton, deviner quelle rando, quel kilométrage, la date, etc...  Toutes les informations seront disponibles et consultables en temps réel.    Djoussss   !!!


Ce système va donc évoluer ?

Un spécialiste en informatique mobile a proposé un cahier de charge à la fédération dans lequel figure la prochaine “r”évolution  (une telle évolution est bien une révolution sans en avoir l’ R).  


Le Fast Forward Bicycle Code va intégrer une application sur smartphone (dans un premier temps) et enfin sur une montre connectée qui sera mise en vente à un prix dérisoire notamment lors du “Crazy Tour” à Kain, le 1er avril prochain.  Pascal Hennebert et son équipe vous feront un plaisir de vous la présenter.  Elle sera disponible ensuite sur commande via le site de la Fédération.
Des bornes à puces électroniques seront distribuées aux clubs affiliés à la FFBC.  Ceux-ci pourront les disposer en leur local et en des endroits bien définis sur leurs parcours.  Lors de son passage, le cyclotouriste n’aura qu’un bref arrêt à effectuer (et encore…) afin de passer le bras côté montre sur la borne et la trace GPS sera transmise simultanément au Secrétariat de la Fédé qui l’intégrera dans sa base de données.  La randonnée sera répertoriée, confirmée et validée, pour la course aux kilomètres.

 

Et l’intervention humaine dans tout ça ?

Des responsables du projet seront présents à Kain pour vous expliquer le fonctionnement du système.  Apparemment, rien de bien compliqué... La montre vous indique, comme toutes merveilles de l’horlogerie l’heure exacte.  Un bouton vous guide vers un menu contextuel dans lequel une icône apparaît.  En la pointant du doigt au démarrage et préalablement au passage du bras sur la borne, vous apercevrez un compteur kilométrique et une carte géographique.  S’il s’agit d’une boucle, vous représentez le bras devant la borne au retour et le tour est joué !  Si vous prenez le parcours en route, vous devrez retourner dans le menu pour indiquer “aller-retour” ou l’une des nombreuses possibilités proposées et adaptées à la course du jour, puis (re)pointer immédiatement.  
S’il s’agit d’une randonnée permanente, vous devrez effectuer la même démarche sur la borne du club organisateur.

  Cette borne électronique détecte automatiquement le "Fast Forward Bicycle Code"

Quid d’une organisation hors FFBC ? 

Le menu contextuel a prévu une nouvelle icône qui lorsqu’elle est enclenchée détermine votre parcours et vous demande un encodage supplémentaire, à savoir le nom, le lieu, la date et le club organisateur de votre balade, par exemple si vous roulez au nord du pays, en France ou même en Pologne (vous aurez la possibilité de le faire sur le site de la fédération, dans votre dossier personnel)... Ceci à condition d’être connecté !

Mais encore...                                            

L’avenir de ce projet est tout tracé pour que les frais de participation soient en même temps débités de votre compte bancaire.  En effet, votre compte personnel sur l’intranet de la FFBC vous proposera dans un futur plus ou moins proche d’encoder toutes vos informations utiles, dont le compte sur lequel les quelques euros demandés à l’inscription puissent être payés directement via ce système.  Donc plus besoin de sortir vos pièces, billets et pour les organisateurs de mettre des caissiers à disposition...
En cas d’accident, la détermination de l’endroit précis, de la date, du motif du sinistre pourra servir de preuve pour les assurances.
Outre la comparaison de votre palmarès annuel, vous pourrez aussi cataloguer tout un tas de paramètres inhérents à votre activité et les exploiter à travers diverses applications analytiques.
Au fil des sorties, la base de données centrale va se composer d’autres informations qui pourraient compléter un calendrier déjà bien étoffé et étendre les relations entre les différentes fédérations ou groupements ayant le vélo pour objectif principal.


Modernité, quand tu nous tiens !

 

En son temps, Rabelais précisait que la “Science sans conscience n’est que ruine de l’âme”...  
Alors bien sûr nous reparlerons d’un temps que les plus de 70 ans ont bien connu. 
Mais qu’est-ce qu’il sera bon de les réécouter nous parler de ce temps-là, de sortir des fonds de tiroir ces cartons à cachets où chacun de ceux-ci rafraîchira un coin de notre mémoire pour éveiller de merveilleux souvenirs. 
Peut-être même retournerai-je dans ce petit bistrot, juste pour goûter à nouveau à cette pinte et ces chips, chercher dans ma poche un bout de papier sur lequel j’indiquerai tout simplement... Je reviendrai !



 


Il s'agissait évidemment de votre poisson d'Avril.

Certains "geeks" diront qu'il y a une idée à creuser, les nostalgiques fouilleront les fonds de leurs tiroirs... Allez savoir !
De l'autre côté de la frontière, un challenge a pourtant conservé cette fameuse carte à estampiller. 
L'avantage, c'est qu'elle indique d'avance les prochains rendez-vous, sur la carte et là pas de question de connexion,
juste un peu de réflexion et ... de l'action ! 

 

Allez les amis, tous en selle !  

 

                                               Donat. 


Musique : Sunset Lovers - Petit Biscuit